vendredi 20 août 2010

La règle du participe passé avec avoir selon la logique littéraire


François Cavanna, Mignonne, allons voir si la rose, Livre de Poche
Quand, à l'horizon du cours de français, se lève pour la première fois, nuage lourd de menaces, le participe passé conjugué avec l'auxiliaire « avoir », l’enfant comprend que ses belles années sont à jamais enfuies et que sa vie sera désormais un combat féroce et déloyal des éléments acharnés à sa perte.
L'apparition, dans une phrase que l'on croyait innocente, du perfide par ticipe passé déclenche, chez l'adulte le plus coriace, une épouvante que le fil des ans n'atténuera pas. Et, bien sûr, persuadé d'avance de son indi gnité et de l'inutilité du combat, l'infortuné qu'un implacable destin fit naître sur une terre francophone perd ses moyens et commet la faute. À tous les coups. (...)
Pourtant, s'il est une règle où l'on ne peut guère reprocher à la gram maire de pécher contre la logique et la clarté, c'est bien celle-là. (...) Quoi de plus lumineux ? Prenons un exemple : «J'ai mangé la dinde.» Le com plément d'objet direct «la dinde» est placé après le verbe. Quand nous lisons «J'ai mangé», jusque-là nous ne savons pas ce que ce type a mangé, ni même s'il a l'intention de nous faire part de ce qu'il a mangé. Il a mangé, un point c'est tout! La phrase pourrait s'arrêter là. Donc, nous n'accordons pas «mangé», et avec quoi diable l'accorderions-nous ? Mais voilà ensuite qu'il précise «la dinde». Il a, ce faisant, introduit un complément d'objet direct. Il a mangé QUOI ? La dinde. Nous en sommes bien contents pour lui, mais ce renseignement arrive trop tard. Cette dinde, toute chargée de féminité qu'elle soit, ne peut plus influencer notre verbe «avoir mangé», qui demeure imperturbable. Notre gourmand eût-il dévoré tout un troupeau de dindes qu'il en irait de même : «mangé» resterait stoïquement le verbe «manger» conjugué au passé composé. Maintenant, si ce quidam écrit «La dinde ? Je l'ai mangée» ou «La dinde que j'ai mangée», alors là, il commence par nous présenter cette sacrée dinde. Avant même d'apprendre ce qu'il a bien pu lui faire, à la dinde, nous savons qu'il s'agit d'une dinde. Nous ne pou­vons plus nous dérober. Nous devons accorder,-hé oui. «Mangée» est lié à la dinde (c'est-à-dire à «I'» ou à «que», qui sont les représentants attitrés de la dinde) par-dessus le verbe, par un lien solide qui fait que «mangée» n'est plus seulement un élément du verbe «manger» conjugué au passé composé, mais également une espèce d'attribut de la dinde. Comme si nous disions «La dinde EST mangée».

jeudi 1 juillet 2010

Liste de grands classiques à lire un jour

Grandes œuvres de notre littérature et d’ailleurs En gras, celles que je vous conseille de lire dès maintenant


Théâtre en français

Tragédies :

Baroque (fin XVIème-début XVII) : Corneille : Le Cid (une tragi-comédie)

Classiques (XVII) : Corneille : Horace, Polyeucte

Racine : Bérénice, Britannicus (une tragédie classique par excellence), Phèdre

Romantiques (début XIXème) : Musset : Lorenzaccio

Hugo : Ruy Blas

Modernes (XXème) : Claudel : L’Annonce faite à Marie

Anouilh : Becket ou l’honneur de Dieu

Giraudoux : Electre

Sartre : Huis Clos

Comédies :

Farces : XVII Molière : Les Fourberies de Scapin

XX Jarry : Ubu roi

Comédies classiques :

XVII : de caractère Molière : Le Malade imaginaire, L’Avare, Le Bourgeois gentilhomme, L’Ecole des femmes, Don Juan, Tartuffe

XVIII : d’intrigue Beaumarchais : Le Barbier de Séville (une comédie désopilante, plus basée sur l’intrigue que sur le caractère contrairement à Molière), Le Mariage de Figaro

de moeurs Marivaux : Le Jeu de l’amour et du hasard

Romantique : Musset : On ne badine pas avec l’amour

Modernes non classables (ni des comédies, ni des tragédies)

Bernard-Marie Koltès, Roberto Zucco (histoire d’un criminel dans une langue moderne très belle)

Aimé Césaire, Une Tempête (d’après La Tempête de Shakespeare)

Théâtre de l’absurde Ionesco : Rhinocéros (des hommes se changent soudain en rhinocéros et agissent comme des soldats nazi)

Beckett : En attendant Godot

Romans et récits français

Romans comiques :

XVI : Rabelais : Gargantua (en langue modernisée)

XVIII : Diderot : Jacques le Fataliste (très drôle : il joue avec le lecteur)

Roman d’analyse psychologique :

XVII La Fayette : La Princesse de Clèves (l’histoire d’amour impossible d’une femme mariée)

XVIII Laclos : Les Laisons dangereuses (histoire d’un séducteur pris à son propre piège, roman par lettres)

Prévost : Manon Lescaut (amour douloureux pour une femme infidèle)

Rousseau : La Nouvelle Héloïse (roman par lettres d’un amour impossible)

Romantiques :

Chateaubriand : Attala (un amour romanesque dans des exotiques Amériques)

Hugo : Les Misérables (œuvre de génie : il existe des versions abrégées pour ne pas vous décourager)

Dumas : Les Trois mousquetaires

Réalistes :

Balzac : La Peau de Chagrin (fantastique) ; Le Père Goriot (vous serez captivés par tous ses personnages)

Stendhal : Le Rouge et le Noir (un jeune homme qui veut gravir les échelons de la société et qui rencontre l’amour)

Flaubert : L’Education sentimentale (un roman d’apprentissage par excellence) ; Madame Bovary

Maupassant : Une Vie ou ses nouvelles

Naturalistes :

Zola : Germinal (œuvre sombre sur les mines), Au Bonheur des dames (histoire d’amour qui se passe dans un des premiers « grands magasins »)

Modernes :

Proust : Du côté de chez Swan (lisez la première partie ou la seconde : vous verrez que ce n’est pas si difficile et souvent drôle)

Gide : Les Faux-Monnayeurs

Bernanos : Sous le soleil de Satan (un prêtre essaie de sauver une jeune fille)

Louis-Ferdinand Céline : Le Voyage au bout de la nuit (très dur, très noir)

Giono : Un Roi sans divertissement (enquête policière dans une campagne enneigée)

Camus : L’Etranger (très court : permet de comprendre la spécificité du caractère du héros moderne) ; La Peste

Vian : L’Ecume des jours (récit poétique et symbolique)

Cohen : Belle du Seigneur (une grande histoire d’amour pendant la montée des fascismes)

Yourcenar : Les Mémoires d’Hadrien (le faux journal de l’empereur romain amoureux du très bel Antinoüs)

Gracq : Le Rivage des Syrtes

La poésie en français

Renaissance :

Anthologie de la poésie du XVI : Du Bellay, Ronsard, Marot, Labé…

Romantique :

Hugo : La Légendes des siècles ; Les Contemplations ; Les Feuilles d’Automne

Musset, Les Nuits

Larmartine, Méditations poétiques

Classés (malgré eux) parmi les symbolistes

Baudelaire : Les Fleurs du mal

Verlaine : Les Romances sans Paroles (pour la musicalité)

Rimbaud : Poèmes, Les Illuminations (début de la poésie moderne)

Mallarmé, Poésies

Modernes :

Apollinaire : Alcool

Aragon Les Yeux d’Elsa (poèmes d’amour écrits pendant la 2nd guerre)

Ponge : Le Parti pris des choses (poésie des objets quotidiens)

Cendrars : La Prose du Transsibérien (poésie en prose d’un voyageur)

Michaux : Voyage en grande Garabagne (poésie en prose d’un voyage dans des pays imaginaires aux noms bizarres)

Récits poétiques : Nerval, Sylvie (magnifique rêverie amoureuse)

André Breton : Nadja (un récit surréaliste)

Poètes vivants à découvrir :

Yves Bonnefoy, né en 1912

François Cheng né en 1929 est un poète et calligraphe d’origine chinoise.

Jean-Michel Maulpoix, né en 1952.

Classiques antiques et étrangers :

Homère :L’Iliade et l’Odyssée

Sophocle : Œdipe roi ; Antigone ; Electre (théâtre)

Euripide : Médée (théâtre)

Ovide : Les Métamorphoses (extraits)

Virgile : L’Eneide (épopée)

Shakespeare: (tragédie et histoire) Hamlet (sans doute la plus belle et insaisissable tragédie qui mêle tous les genres) ; Othello ; Macbeth ; Richard III ; (comédies) Le Songe d’une nuit d’été, Beaucoup de bruit pour rien

Cervantès : Don Quichotte (extraits)

Calderón : La Vie est un songe (théâtre)

Pétrarque (poésie) : le Canzoniere (recueil de sonnets)

Swift : Les Voyages de Gulliver

Goethe : Faust (l’œuvre que nous avons vue au théâtre)

Austen : Orgueil et Préjugés ; Raison et Sentiment

Brontë : Jane Eyre (Aus et B: de beaux romans d’amour adaptés au cinéma)

Shelley : Frankenstein

Melville : Moby Dick

Dickens : Oliver Twist (un enfant pauvre dans l’Angleterre du XIXe)

Dostoïevski : Crime et Châtiment

Twain : Huckleberry Finn ; Tom Sawyer (romans d’aventures)

Tolstoï : Anna Karénine

Stocker : Dracula

Kafka : La métamorphose

Virginia Woolf : Orlando (un homme qui devient femme, écriture moderne : au fil des pensées des personnages)

George Orwell : 1984 (du même auteur que La Ferme des animaux)

Ernest Hemingway : Le vieil homme et la mer

Primo Levi : Si c’est un homme (autobiographie qui retrace la vie dans les camps de concentration)

William Goldring : Sa majesté des mouches (des enfants livrés à eux-mêmes sur une île)

Günter Grass : Le Tambour (un enfant qui ne veut pas grandir dans l’Allemagne nazie)